
La possibilité de se déplacer plus facilement a bouleversé la géographie humaine préexistant à toutes les échelles géographiques. Mondialisation, métropolisation et éclatement urbain sont les trois conséquences de ce bouleversement qui présente des avantages comme des inconvénients dans les trois champs économique, social et environnemental. L’idée centrale défendue ici est qu’il convient de doser les possibilités de déplacements suivant la nature des déplacements effectués et leur contribution à la production d’unités territoriales distinctes. Ce préalable permet d’imaginer à la fois des compromis différents à chacune des échelles et des politiques d’accompagnement différentes pour corriger certains des méfaits d’un excès dans la facilité de se déplacer. Le chrono-aménagement (donner autant d’importance au temps qu’à l’espace) renouvelle le contenu de la planification urbaine et postule une capacité de contrôler les investissements publics respectifs dans plusieurs politiques urbaines différentes autrefois considérées comme indépendantes les unes des autres. Les institutions sont à repenser pour permettre cela sans limiter leur définition au croisement des compétences avec des périmètres. Le recours à une modulation des fiscalités de la mobilité comme des localisations peut venir corriger ce que ce croisement entre compétence et périmètre aura toujours nécessairement d’insatisfaisant
Wiel, Marc - ingénieur de formation et urbaniste de profession. Il fut directeur de l’Agence d’Urbanisme de Brest et s’intéressa, comme chercheur, aux relations réciproques entre les politiques de déplacement et d’urbanisme. Il publia plusieurs ouvrages sur cette question dont, en 1999,la Transition Urbaine, ou le passage de la ville pédestre à la ville motorisée, et en 2007 Pour planifier les villes autrement.