Lettre n°28 ---- Automne 2025 ---- Hiver 2026

9 décembre 2025

A René Passet


L’humanité et la planète en danger. Les faits et la science face au déni .



Les clignotants sont au rouge. Le réchauffement climatique sera supérieur à 1,5°C et entraînera la multiplication des évènements climatiques extrêmes, la fonte irréversible des glaces, compromettant l’habitabilité de zones parmi les plus habitées de la planète. Des pollutions généralisées des terres et des eaux sont mises au jour, menaçant la santé humaine et celle des écosystèmes dont nous sommes dépendants. On assiste à des extinctions en chaîne d’espèces, à la multiplication d’agents invasifs. La compétition pour les ressources naturelles en déclin va aggraver les conflits. Et voilà que la déferlante IA accentue les problèmes.

Nous sommes à un moment où se joue l’avenir de l’humanité. Le GIEC a désigné la décade 2020-2030 comme la dernière opportunité pour inverser la tendance. Le constat, à l’ouverture de la COP30 sur le climat, est que les engagements des Etats conduisent, s’ils sont respectés, à un réchauffement moyen de la planète de 2,8°C en 2100. La sortie des énergies fossiles responsables du réchauffement n’est toujours pas à l’ordre du jour. Le financement des aides à la décarbonation des pays du sud, non responsables du réchauffement, est dramatiquement insuffisant.

On s’attendrait à un sursaut, une mobilisation générale. Au lieu de cela on assiste à un déni du danger.

Trump qualifie le réchauffement climatique de canular et encourage les fossiles et leurs émissions de gaz à effet de serre. Sous les coups de boutoir de coalitions conservatrices avec une extrême droite négationniste, le green deal est attaqué en Europe. Nombre de ses mesures courageuses sont abandonnées ou édulcorées (report de la directive contre la déforestation, de la fin des voitures neuves à moteur thermique, amenuisement des obligations CSRD pour les entreprises, report du règlement Reach, des exigences Bâle 3 pour les banques, signature imminente de l’accord commercial Mercosur sans clause miroir, …). Il en est de même en France pour la planification écologique dont les dispositions sont abandonnées ou réduites (ZEF, ZAN, abandon de l’encouragement de l’agroécologie, du plan écophyto, …) et dont le financement est drastiquement diminué …

Il est gravissime, par intérêt de court terme ou par démagogie, de procrastiner en niant le danger. Le mal-être de la jeunesse dont l’avenir est obscurci est un avertissement.

En diffusant les connaissances l’Encyclopédie du développement durable se tient fermement aux cotés des ONG et de tous ceux qui alertent et recherchent opiniâtrement les solutions traçant les chemins étroits d’un sauvetage de l’humanité et de la planète.

°O°

 A lire dans l'encyclopédie

René Passet  : Croissance, décroissance, développement - Juin 2006 -

  • La “croissance” concept quantitatif unidimensionnel, désigne l’augmentation du produit national. Le “développement” avec lequel elle s’est longtemps confondue, s’en est détaché au fil des problèmes humains et environnementaux qu’elle soulevait. Il désigne un objectif qualitatif et multidimensionnel, se référant aux seules formes de croissance respectueuses des régulations conditionnant la reproduction de la biosphère et donc de l’espèce humaine. Le concept au demeurant mal défini de “décroissance” ne saurait en aucun cas se substituer à celui-ci : parce que l’évolution est indissociable de l’existence même de la vie, ce n’est pas dans la régression, mais dans le dépassement que se situent les voies de l’avenir.
    Voir cet article.

 Les derniers articles parus

Gourio-Mousel Françoise : - Le Plancton, ses enjeux écologiques et la recherche océanique française - - Décembre 2025

  • Sous l’effet de intensification de l’anthropisation, la dégradation de l’état de l’océan et de son fonctionnement s’accélère.
    Au cœur du fonctionnement de l’océan, les écosystèmes planctoniques.
    La progression des sciences océaniques, à partir des années 70, et surtout 2010, permet aux scientifiques d’affirmer le rôle-clé du plancton dans le fonctionnement de l’océan, notamment comme puits de carbone, fonction essentielle pour atténuer les effets du réchauffement climatique.
    Engagés pour une meilleure prise en compte de l’état de la science par les décideurs, les scientifiques alertent sur l’urgence de la mise en œuvre de politiques publiques pour la protection des écosystèmes planctoniques.
    Voir cet article.

Duport Liliane : - Le Vivant et l’Homme - Décembre 2025

  • Cet article se présente comme un plaidoyer pour le Vivant à travers nombre d’auteurs / chercheurs cités. Il s’efforce de montrer les liens de toute nature qui unissent le Vivant et les hommes tandis que ces derniers se voient encore et toujours en dehors, souvent supérieurs. Le Vivant - tout ce qui est en vie, des bactéries aux plantes et aux animaux – est souvent confondu avec la Nature mais parfois entendu du seul côté des animaux écueil auquel cet article n’échappe pas totalement.
    Le Vivant est un élément civilisationnel : il participe de la Culture de bien des façons, création artistique, religiosité ou traditions, il concoure à l’histoire humaine et à la vie quotidienne de chacun. Les hommes, depuis longtemps, se sont « servis » du Vivant au gré de leurs intérêts : force de travail, alimentation et soins qui ont conduit à la domestication, à la sélection et à l’industrialisation au détriment de la biodiversité et de la santé des sociétés humaines. Deux conséquences majeures qui sont autant de défis : l’emploi des produits phytosanitaires et le bien-être animal.
    La prise de conscience et la reconnaissance de la conscience animale, de la sentience animale, en bouleversant les conceptions morales, éthiques et philosophiques usuelles est devenu un sujet politique qui oblige à repenser la manière de traiter nos rapports avec les non-humains et avec la Nature. Le principe d’habitabilité de la Terre procède d’une nouvelle éthique humaniste fondée sur cette interdépendance entre les vivants.
    Voir cet article.

Catherine Lapierre : - Les Solutions Fondées sur la Nature (SFN) une démarche alternative aux solutions techniques pour répondre aux besoins humains. - Mai 2025 -

  • Dans la continuité des démarches déjà anciennes s’appuyant sur le génie écologique, les Solutions Fondées sur la Nature ( SFN) ont pour objet une gestion et utilisation durable de la nature afin de relever les défis environnementaux : changement climatique, risques écologiques, pollutions de l’eau, agriculture biologique, etc. Leur développement a été promu à partir des années 2010 par les institutions internationales notamment par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, et, plus récemment, par l’Union Européenne. Elles permettent à la fois de régénérer les écosystèmes et d’apporter des solutions locales efficaces à des problèmes tels que l’épuration de l’eau, l’élévation du niveau de la mer, la fréquence accrue des risques naturels, l’altération du cycle de l‘eau, l’utilisation de pesticides, les pollutions diverses. Des dispositifs existent au niveau mondial et en France pour accompagner la montée en compétence des acteurs locaux qui mettent en œuvre ces SFN. Leur multiplication permettrait de répandre une pédagogie de recherche d’alternatives au techno-solutionnisme, tout en rendant les humains plus sensibles à l’impératif de préservation de la biodiversité.
    Voir cet article.

Bernard Barraqué - Patrick Laigneau : - Les agences de l’eau, actrices majeures de la politique de l’eau en France : une histoire de 60 ans - Avril 2025 -

  • Créées par une loi de 1964 et un décret de 1966, les agences de l’eau françaises, inscrites dans la réforme régionale de 1963, présentent l’originalité d’une gouvernance par des comités de bassin composés d’usagers, et d’un système de redevances pour service rendu mutualisées. N’ayant pas la maîtrise d’ouvrage, elles ont financé d’abord les porteurs de travaux d’intérêt commun aux bassins, comme des stations d’épuration urbaines et industrielles et des barrages-réservoirs multifonctions. Suite à la baisse des financements de l’Etat, elles ont été de plus en plus conduites à soutenir les collectivités gestionnaires de l’eau potable et de l’assainissement, avec l’essentiel des redevances payées par les usagers domestiques et assimilés. Mais depuis l’adoption de la directive cadre sur l’eau de l’Union européenne en 2000, elles doivent se réorienter vers l’amélioration de la qualité des milieux aquatiques, tandis que le système de financement par les redevances continue à faire peser la plus grande partie de l’effort sur les usagers domestiques. L’action des agences se heurte par ailleurs à des limites face à la pollution diffuse due à l’agriculture, face à la gestion de la pluie en ville et des inondations, face aux nouveaux polluants émergents. La difficulté de mettre en place une gestion intégrée et participative à l’échelle des bassins ou des masses d’eau se traduit par une amélioration insuffisante de la qualité des milieux aquatiques, malgré de nets progrès par rapport à la situation initiale. Les agences de l’eau et leurs budgets constituent un outil essentiel pour la politique de l’eau en France, mais qui n’est pas toujours suffisamment connu ni bien compris, et doit continuer à évoluer face aux nouveaux enjeux du renouvellement des infrastructures d’eau et d’assainissement, du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité.
    Voir cet article.

Jean-Pierre Bécue - Le Bangladesh, le pays le plus vulnérable au changement climatique - Janvier 2025 -

  • Au Bangladesh, les manifestations du dérèglement climatique (allongement des périodes de sécheresse, accroissement de la violence des cyclones, perturbations du calendrier et de l’intensité des moussons, fonte des glaciers, …) se multiplient.
    Leurs conséquences rapides et dévastatrices (élévation du niveau de la mer, inondations, submersion, érosion, …) mettent en péril le maintien des écosystèmes, la vie des Bangladais et leur économie.
    L’impact de l’action gouvernementale assise sur l’aide internationale au développement demeure très insuffisant au regard des besoins que la crise climatique accroit.
    Dans ce contexte, l’intervention des ONG’s sur le terrain est cruciale.
    Depuis des décennies, une association bangladaise, GK, relève le défi de porter un développement au bénéfice de populations parmi les plus déshéritées du Bangladesh, au plus près de ces populations. L’action de celles-ci, pleinement actrices de micro -projets, participent, pour une part certes modeste mais réelle à l’amélioration de leurs conditions de vie en conformité avec l’Agenda 30 de l’ONU.

    Voir cet article.
---
Adhérez à l’association « L’Encyclopédie du développement durable EDD » constitue un encouragement très attendu. De la même façon proposer des articles, faire des remarques, nous faire connaitre auprès de nouveaux lecteurs constituent autant de marques d’intérêts ---
Notre email : contact@encyclopedie-dd.org

Adhésions et dons peuvent être faits à Assoconnect avec le lien suivant : https://encyclopedie-du-developpeme...

°O°

 Outils

Recommander cet article

Version imprimable de cet article Imprimer l'article
 Documents joints