Lettre n°17 ---- Printemps - Eté 2022

29 juin 2022

Retour en arrière ?

Deux des derniers articles mis en ligne abordent les questions d’effondrement et de prospective. Une note de lecture montre le côté insidieux du green-washing, un article traite des mutations du travail. Le contexte de cette lettre d’infos avec la guerre en Ukraine, la pénurie alimentaire mondiale annoncée, le retour du nucléaire, la politique agricole commune remise en cause, la sortie de la pandémie et le développement accéléré du numérique, la remise en route des centrales à charbon, la crise du multilatéralisme, annonce-t’il un retour en arrière pour le développement durable proposé il y a ½ siècle à Stockholm ?
Les dernières élections montrent un pays qui doit chercher les moyens de retrouver une volonté de vivre ensemble : le développement durable est-il néanmoins à même d’y aider ?

Et une triste nouvelle, le décès de Calvi

Avec de nombreux dessins, Calvi - Philippe Vallancien - dessinateur de presse a accompagné l’Encyclopédie du Développement Durable dès sa création et pendant de longues années. Des dessins drôles, toujours pédagogiques et poétiques. Grâce à eux, les idées, réflexions et propositions des auteurs d’articles, souvent théoriques, abstraites ou philosophiques, ce qui est leur rôle, étaient traduites en affirmations concrète et pleines d’humour. Ils contribuaient à l’intelligence du texte.

Merci CALVI !

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A lire : les derniers articles mis en ligne

Alice Canabate  : Prendre en compte l’éventualité d’effondrements dans les récits prospectifs et les politiques publiques – avril 2022

  • Les nombreux rapports scientifiques, les indicateurs sur les limites suggèrent un risque de réactions en chaîne, d’effets dominos conduisant à un effondrement de la civilisation thermo-industrielle. La prise de conscience de cette hypothèse, parfois décriée comme intuitive et non scientifique, est génératrice d’angoisses, de peurs alimentant notamment des réseaux collapsonautes.. Les politiques menées, si elles affichent des objectifs ambitieux, engendrent, en effet, des désillusions et un sentiment d’impuissance devant le constat des écarts entre objectifs et résultats.
    Rompre avec un horizon continuiste, interroger les finalités de nos sociétés, ne pas exclure la radicalité pour prendre en compte l’urgence sociale et environnementale, semblent des impératifs incontournables.

Jacques Theys  : Prospective , collapsologie et panne du futur : faut-il croire à un possible effondrement ? – avril 2022

  • L’article propose de resituer la place de la prospective dans le débat sur l’effondrement, et de voir en quoi celle-ci se différencie de la collapsologie à la fois sur le plan épistémologique et de ses hypothèses sur le futur. Si l’interrogation sur les risques d’effondrements – au moins partiels - est légitime, ni les raccourcis qu’emprunte la collapsologie pour annoncer leur réalisation prochaine, ni l’attitude de mise en retrait qu’elle préconise pour y faire face ne se justifient. Moins fataliste et catégorique, la prospective, art pratique orienté vers l’action, préfère se situer entre deux extrêmes qu’elle refuse : le déni de l’hypothèse catastrophiste et la certitude de sa venue.

Jean-Luc Redaud  : note de lecture, juin 2022 : Green-washing – Manuel pour dépolluer le débat public
_Introduction de Aurélien Berlan, Guillaume Carbou, Laure Teulières _

  • Cet article est une recension des contributions de divers membres d’un atelier, baptisé Atecopol, formé par un collectif de chercheurs et professeurs des universités de Toulouse. L’ouvrage s’attache à dénoncer le green-washing avec pour but de "dépolluer le débat public" et ne constitue pas une critique de nos politiques publiques qui ressortirait d’une autre publication. La présente recension résume les points essentiels de l’ouvrage en les complétant de commentaires de l’auteur et de publications de l’EDD.
    La lecture de ce document qui recense les diverses formes de travestissement de la réalité par l’utilisation de labels écologiques peut paraître désespérante. Parer de vertus les méfaits de nos sociétés est, hélas, une pratique courante. Fort heureusement les diagnostics des dégâts environnementaux sont mieux connus aujourd’hui et il existe des marges de progrès bien identifiées qui peuvent servir de guides pour demain.

Liliane Duport  : Mutations du Travail et développement durable - juin 2022

  • Le recours à l’outil numérique et à l’intelligence artificielle (IA) est à l’origine des principaux bouleversements affectant le Travail : « l’ubérisation » des emplois, robotisation, télétravail avec leurs conséquences sur la vie des personnes, des familles, des territoires et des entreprises elles-mêmes.
    L’organisation du travail évolue dans le sens d’une plus grande autonomie des travailleurs recherchée par certains, mais elle a pour corollaire l’insécurité, les inégalités et les discriminations qui persistent. Le recours à l’emploi précaire se généralise, les vies personnelles et vie professionnelles se chevauchent, les conditions de travail peinent à s’améliorer. Donner un sens au travail et travailler moins pour vivre mieux est une aspiration que partagent de plus en plus de jeunes mais pas seulement.
    Ce constat conduit à s’interroger sous quelles conditions les mutations imposées au Travail peuvent œuvrer au développement durable, c’est-à-dire, rappelle l’auteure, rechercher simultanément l’épanouissement de chacun et la solidarité de tous, le respect de l’environnement et lutter contre le changement climatique.

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L’Encyclopédie du développement durable (www.encyclopedie-dd.org) est toujours intéressée à la proposition de contributions sous forme d’articles ou de remarques.
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